Un système universel de retraites
Emmanuel Macron
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Nous créerons un système universel de retraites où un euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé.

Les cotisations, aux régimes de base comme aux régimes complémentaires, qu’elles soient versées sur les bases de revenus ou acquises au titre de la solidarité (pour les chômeurs par exemple) seront inscrites sur un compte individuel et revalorisées chaque année selon la croissance des salaires. Ainsi, chaque euro cotisé accroîtra de la même manière la pension future, quel que soit le statut du travailleur et l'origine de cette cotisation.

Le total des droits accumulés sera converti au moment de la retraite en une pension, à l’aide d’un coefficient de conversion fonction de l’âge de départ et de l’année de naissance. L’allongement de l’espérance de vie est donc pris en compte en continu, au fil des générations : plus besoin de réformes successives, qui changent les règles et sont anxiogènes et source d’incertitude. Dans la durée, la réforme aura bien un effet financier en garantissant un équilibre sur le long terme.

Cette réforme ne changera rien aux conditions de départ à la retraite de ceux qui sont à moins de cinq ans de la retraite et qui l'ont donc déjà planifiée. Pour les autres, ceux qui ont au moins cinq ans d'activité devant eux, la transition sera progressive, sur une période d’environ 10 ans.

Ce qui changera concrètement

Demain, chacun pourra connaître en temps réel ses droits.

Nous lancerons une application sur smartphone et un site internet où chacun pourra consulter, à chaque instant, l’ensemble des droits qu’il a accumulés et la pension correspondante.

Demain, personne ne craindra de « perdre des droits ».

Quand vous changerez de travail et donc de régime, en créant votre entreprise par exemple, vous garderez tous les droits que vous aurez accumulés sur votre compte et le changement sera sans incidence sur le calcul de votre retraite. Changer de voie ne sera pas pénalisé !

Demain, personne n’accusera autrui de « profiter du système ».

Fonctionnaires, salariés, indépendants auront tous les mêmes droits, le calcul de la retraite sera le même pour tous. On saura que, quand des personnes ont une retraite plus élevée, c’est qu’elles-mêmes, leurs employeurs, ou l’Etat au titre de la solidarité, ont cotisé davantage.

Demain, chacun pourra mieux choisir son âge de départ.

Par exemple, vous pouvez choisir de travailler davantage pour avoir une pension plus élevée ou de partir plus tôt avec une pension moindre. Vous saurez exactement ce que chaque année supplémentaire au travail vous rapporte. Nous laisserons les gens libres de choisir.

Demain, nous ne pénaliserons plus les parcours heurtés.

Carrière ascendante, plate ou accidentée ont la même retraite dès lors que la somme des cotisations accumulées est la même. La retraite ne sera plus une loterie qui pénalise la prise de risque ou aggrave les accidents en cours de carrière.

Ce qui ne changera pas

Le système restera un régime par répartition.

Les cotisations d’aujourd’hui ne seront pas investies en actifs financiers, comme dans les systèmes par capitalisation, mais elles paieront les retraites d’aujourd’hui.

Les taux de cotisation pourront rester différents.

Par exemple, les indépendants pourront continuer à cotiser moins que les salariés et à avoir en conséquence une pension de retraite moindre : ils ont souvent constitué, en parallèle, une épargne qui peut être par exemple leur fonds de commerce et servira à leur assurer un revenu.

Les spécificités de certains régimes ne disparaîtront pas. Les règles de base seront les mêmes pour tous, mais les taux de cotisation ou les conditions d'âge pourront différer, en raison notamment des caractéristiques des métiers.

Il y aura toujours un âge légal de la retraite à partir duquel on pourra liquider ses droits. Il restera à 62 ans.

Mais ceux qui le souhaitent pourront choisir de travailler plus longtemps afin d'améliorer leur pension.

La solidarité nationale aidera ceux qui en ont besoin.

Les avantages accordés aujourd’hui à ceux qui ont dû interrompre leurs carrières (aux chômeurs, aux mères...) seront intégralement conservés et intégrés au nouveau système.

La pénibilité sera toujours prise en compte.

Comment la réforme sera conduite

On ne conduit pas une réforme aussi ambitieuse dans la précipitation. Autant les orientations sont claires, autant il faut prendre le temps des consultations sur les modalités. Les parties prenantes – partenaires sociaux et interlocuteurs politiques – seront associés à leur définition. Nous rechercherons un consensus sur les modalités de fonctionnement du nouveau système. A l'issue de cette concertation, le gouvernement prendra ses responsabilités et présentera un projet de loi au Parlement. La réforme ne commencera à s'appliquer qu'au cours de la législature suivante.


POUR
CONTRE