Donner un rôle central à la culture comme levier du changement et ciment de la concorde
Benoit Hamon
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A côté de l’éducation, marchant main dans la main avec elle, il y a la culture, cette grande oubliée du quinquennat. Où je dirais plutôt le symbole du quinquennat à l’envers. Dans ce domaine n’est pas Mitterrand qui veut… car en 1981 suivant le raisonnement politique fondateur d’une politique de gauche, qui veut que la culture est un élément essentiel de transformation, François Mitterrand a doublé le budget de la culture… que fait François Hollande.. il le baisse de plus de 6%.les deux premières années.

Le budget du ministère de la culture c’est moins de 1% du budget de l’état alors que la France vit de sa culture puisque la contribution de la culture à l’économie française est de 3% du PIB

Mais oui la différence entre la droite et la gauche en matière de culture c’est que la droite elle considère que la culture est un supplément d’âme, alors que pour la gauche, je le répète elle est un élément essentiel de la transformation de la société. Et c’est cette promesse que je vous propose de retrouver.

Le gouvernement n’aura jamais voulu clarifier sa position alternant le souci de défendre une conception française de l’exception culturelle et la tentation de céder aux sirènes de l’industrie culturelle incarnée par les géants du numérique comme Amazon.

En concédant un bout à l’une, un autre bout à l’autre, le gouvernement aura peiné à faire émerger une politique culturelle.

Revenons donc à la culture. Comme beaucoup d’entre vous, je constate à la fois l’excellence d’un grand nombre de nos institutions culturelles, l’entre-soi qui parfois y règne, les attaques injustifiées dont les acteurs de la culture font l’objet, et notamment les intermittents qui sont essentiels à la création et a qui j’adresse ici toute ma solidarité.

Je constate aussi la faible fréquentions des catégories populaires à ces institutions qui font encore –mais pour combien de temps – de la France une vraie exception. Je ne me résous pas à la mort de la culture pour tous et je ne veux pas non plus que l’on serve aux classes populaires des sous-produits culturels réservant la haute culture à une petite élite qui y trouve un signe supplémentaire de sa distinction, un entre soi… Je crois que la culture élève, je crois qu’elle contribue à la concorde. La culture ce n’est pas quelque chose qui vient en plus, une sorte de bonus, lorsque le reste est atteint. Elle est un des vecteurs de la concorde lorsqu’elle est partagée. Elle se transforme en une arme d’exclusion lorsqu’elle devient l’apanage d’une catégorie ou d’une autre.

Il existe des centaines d’initiatives en France qui remettent la création au milieu de territoires qui se vivent comme en marge et parfois le sont – reconnaissons-le- c’est précisément ce que nous devrions soutenir de manière beaucoup plus systématique. Une sorte de ministère de la culture « hors-les-murs » qui irriguerait avec les créations les plus inventives les espaces qui en sont les plus éloignés.

Parce qu’elle permet de partager un sens et une vision commune de l’avenir, je veux donner un rôle central à la culture comme levier du changement et ciment de la concorde.    

http://www.benoithamon2017.fr/2016/08/29/discours-de-benoit-hamon-du-28-aout-2016-a-saint-denis/


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